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Pourquoi avoir choisi ce format A5 pour les livrets d'activités ? (Gaëlle)
Pour les raisons suivantes :
ces livrets sont faciles à manipuler en parallèle avec le livre sur un bureau d'écolier. Les feuilles A4 sont grandes, volantes, ont tendance à disparaître, à se froisser au fond du sac ou à se perdre au fond du casier... Bref elles semblent avoir une volonté propre et s'amuser à compliquer la vie de nos élèves par pure malice ;o))
ces livrets sont faciles à ranger dans un cahier format "écolier" pendant la période où l'élève travaille avec.
Ils sont faciles à "archiver" dans un classeur format écolier ou A4 : un coup de perforatrice, et hop !
Ce format lutte contre la surconsommation de papier et la multiplication des photocopies. Revers de la médaille : la mise en page est souvent un peu touffue, mais c'est un choix d'instit' qui voit son crédit "photocopies" fondre trop vite... Rien n'empêche cependant de coller chaque page du livret sur une feuille de classeur ou de cahier si on le souhaite.
L'agrafage des pages centrales est recommandé pour les livrets de huit pages.
[...] j'aime moins les vrai-faux ou les cases à cocher qui sont surtout une évaluation de la "bonne" lecture de l'enfant mais qui ne le poussent pas à lire plus à fond. (E.)
Moi aussi, j'aime moins ce type d'activités ! Pourtant, j'utilise les "vrai/faux/on ne sait pas" ou les QCM dans un certain nombre de livrets...
S'agit-il pour autant d'une (simple) évaluation de la "bonne" lecture de l'enfant ? Pas systématiquement...Dans certains cas, ce type de questionnement va conforter le lecteur dans sa compréhension : il va donc lui permettre de poursuivre sa lecture en ayant l'assurance d'avoir bien saisi tel ou tel aspect du récit. A contrario, il peut alerter le lecteur sur une compréhension défaillante, l'incitant à un retour au texte si nécessaire.Dans d'autres cas, il va étayer la compréhension et la mémorisation du récit grâce aux reformulations proposées : Par exemple, la proposition "Lucas est un jeune loup qui quitte sa maison pour toujours (1)" condense, en les reformulant, un grand nombre d'informations du début du récit : ce type de reformulation synthétique est précisément ce que sait faire le lecteur expert ; l'apprenti-lecteur, en étant confronté à ces résumés partiels du récit (qu'ils soient exacts ou non) se familiarise avec leur compréhension et s'essaie à les rectifier s'il y a une erreur. C'est en lisant, comprenant, manipulant, corrigeant, modifiant, précisant ces reformulations que le jeune lecteur va (du moins on l'espère !) s'approprier cet outil indispensable à la compréhension.D'autres propositions sont destinées à faire réfléchir le lecteur sur le sûr, le probable, le possible, l'impossible. Il doit l'aider à faire la part des choses entre ce que permet le texte et ce qu'il ne permet pas, entre ce que le texte dit et ce qu'on a cru qu'il disait. Par exemple, face à la proposition "Lucas regrette d'avoir libéré Poucet et ses frères (1)", la plupart des lecteurs répondent "oui", parce qu'on est resté sur l'impression générale suivante : le loup regrette systématiquement de ne pas avoir mangé les personnages qu'il a rencontrés. Or, la fin du récit modifie sans doute l'état d'esprit du loup : il mange l'ogre ; l'illustrateur le montre barrant sur sa liste tous les personnages recommandés par son père et ajoutant l'ogre. Il est possible qu'il ait pris la décision de s'attaquer désormais aux "méchants" et de laisser la vie sauve aux "gentils". Dans ce cas, il ne regrette pas d'avoir laissé la vie sauve à Poucet et à ses frères. Mais ceci n'est qu'une possibilité : le récit permet cette interprétation mais n'y oblige pas. La seule réponse acceptable est donc "on ne sait pas". Si les livrets sont conçus pour un travail autonome et individuel, ce type de question est naturellement propice au débat, par exemple au moment d'une correction collective : les élèves sont amenés à exposer leurs points de vue, à argumenter, et à se mettre d'accord sur une et une seule réponse, validée par autant de retours au texte que nécessaire.Enfin, certaines questions visent à éclaircir des informations implicites : par exemple, la proposition "Lucas dévore l'ogre sans avoir besoin de se bagarrer avec lui ( 1)" doit être considérée comme fausse bien qu'aucun mot du texte ne vienne la confirmer ou l'infirmer : il y a un faisceau d'indices ("le sang de Lucas ne fait qu'un tour", "fou de rage, il se rue dans la maison") et de preuves (deux illustrations témoignant de la bataille sans la montrer) qui permettent d'affirmer qu'il y a eu bagarre entre les deux personnages.En ce qui concerne les QCM, deux précisions :autant que possible, ils ont été conçus de manière à ne pas être traités de manière "superficielle" par les élèves : il y a souvent plusieurs cases à cocher, ce qui nécessite de lire toutes les propositions en détail ; dans d'autres cas, un retour au texte est quasi-indispensable :"Sa mère hocha la tête" : Qu'est-ce que ça veut dire ?
- Elle a dit "d'accord" avec la tête.
- Elle a dit "non" avec la tête.
- Elle a secoué la tête. (2)
Il est impossible de choisir sans retour au (con)texte.Pour conclure, je voudrais évoquer une étude (dont je n'ai malheureusement pas les références) qui a montré que 80% des "questions de lecture" posées aux écoliers dans les manuels et autres matériels à disposition des enseignants concernaient l'explicite textuel, c'est-à-dire que la tâche demandée est une prise d'information directe (sans reformulation) dans le texte. Je tente, dans ces livrets d'accompagnement, d'inverser la proportion... Accordons-nous donc 20% de questions toutes simples, de celles que les élèves découvrent avec un grand sourire en s'écriant "fastoche !" ;o))
(1) extrait du livret pour "le loup sentimental"
(2) extrait du livret pour "la chose du lavabo"
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